Laurent Boutonnat est née le 14 juin 1961 dans le XIV arrondissement de Paris.Du côté de son père, Laurent Boutonnat est le petit fils de Charles Boutonnat, administrateur de la France d'Outre-mer, et de Alice Nivot. Non moins célèbre dans le monde des chefs d'entreprise, Pierre-Louis Boutonnat, le père de Laurent, est né à Saint-Louis au Sénégal le 4 février 1935 et a derrière lui une impressionnante carrière : tour à tour dirigeant de dizaines d'entreprises, puis de la Croix Rouge, et toujours en 2004 de la société WWF, il a été décoré de la Légion d'Honneur, de l'Ordre National du Mérite, et figure dans le Who's Who officiel.
Laurent a grandit avec son frère Dominique et ses 3 s½urs au 51, Boulevard Auguste Blanqui dans le XIIIe arrondissement de Paris : Caroline, Bénédicte, et Stéphanie, devenue journaliste à France Inter. Il se servira d'ailleurs de membres de sa famille pour monter ses sociétés d'éditions phonographiques et aussi de son petit frère Dominique dans son premier long métrage: Ballade de la Féconductrice en 1980. Le même qui produira Jacquou le Croquant 26 ans plus tard. Laurent Boutonnat a déjà réalisé dans son enfance de nombreux courts-métrages amateurs avec la caméra Super 8 de ses parents. Son premier essai date d'ailleurs de 1971 où il transpose Bambi chez les humains. Lors de ses films il voulait déjà tout maîtriser : de la mise en scène à la musique, du maquillage à l'interprétation elle même! Parallèlement, il étudie la musique, notamment le piano dès l'âge de 5 ans.
Au collège Laurent Boutonnat est chez les jésuites. On retrouvera d'ailleurs des traces de cette éducation dans le clip de Plus Grandir (1985). Il s'y déplait, n'est doué qu'en littérature et est plusieurs fois renvoyé. A quinze ans il décide d'abandonner ses études pour aller chercher du travail. C'est aussi l'âge à partir duquel il abandonne l'apprentissage des instruments que lui faisaient apprendre ses parents, et notamment celui du piano. Parallèlement aux petits boulots qu'il cherche, Laurent prends des cours de théâtre durant trois ans et il écrit chez lui avec un professeur de philosophie. Il déclarera plus tard "avoir pris goût à cela"...
Laurent Boutonnat le sait déjà : son unique objectif est le cinéma. Il commence à développer dans sa tête plusieurs projets de long métrage dont un film nommé Giorgino (qu'il reprendra dix ans plus tard). Il réalisera finalement Ballade de la Féconductrice qui restera deux semaines à l'affiche à Paris. Plutôt que de retourner à l'école, Laurent Boutonnat , déçu, ne fait plus rien jusqu'à sa rencontre avec Jean-François Chauvel. Ce grand reporter de télévision (mort en 1986) devait tourner plusieurs émissions de reportages scientifiques sur les énergies nucléaires. Laurent Boutonnat saisit sa chance et postule comme caméraman pour toute la série d'émissions. Il avouera plus tard: "J'avais prétendu m'y connaître en technique pour qu'il me prenne, et j'ai dû potasser le manuel comme un fou !" Il part donc pendant un an dans les quatre coins de la France pour tourner les images de ces reportages, "La meilleure école" selon lui.
Laurent Boutonnat a alors 20 ans et se lance dans une nouvelle aventure où il utilisera ses facultés d'écriture et son expérience récente dans le journalisme.il commence des recherches pour écrire un livre sur l'infanticide. Parallèlement à cela il réalise des publicités télévisées, non par vocation mais tout simplement pour gagner un peu d'argent. Laurent tourne alors plusieurs publicités et s'associe à un producteur travaillant pour le circuit Parafrance. Celui ci lui proposera de tourner un film d'horreur en deux semaines de tournage pour un budget de 230 000 Euros. Le film ne verra jamais le jour. C'est à cette période que la première version de Giorgino sera écrite par lui. Un soir, alors qu'il est accompagné d'un ami, Jérôme Dahan, il décide d'écrire avec lui les paroles d'une chanson ayant trait à cette enfance qui le hante tant. Le lendemain Jérôme Dahan en écrit la musique et le résultat ne leur déplait pas. Ils viennent en fait d'écrire les paroles de Maman à tort, le futur tube de l'été 1984. Laurent Boutonnat laisse peu à peu de côté le sulfureux livre qui ne verra finalement jamais le jour.
Les paroles qui évoquent la folie, l'abandon, et le saphisme seraient encore plus explosives dans la bouche d'une enfant. Après une tentative avec une jeune fille de quinze ans qui pose trop de problèmes juridiques, Jérôme Dahan et Laurent Boutonnat organisent un casting où se présentent une cinquantaine de filles dont Mylène Farmer. Laurent Boutonnat la choisie immédiatement, sans même l'avoir entendue chanter, à cause de son air "psychotique" dont il parlera à Noël Mamère en 1986 au journal télévisé. Après un clip tourné en vidéo avec un budget de 760 Euros. Il aura un projet de vrai court-métrage pour la chanson.
La suite vous la connaissez...
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